bandeau expo fleurs plaisantes

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lundi 4 juin 2018

Exposition Fleurs plaisantes ... FERMEE DU 14 AU 17/09 PENDANT LES FETES DE WALLONIE




1. Le grand vestibule d’accueil : la lumière, source de vie


Au milieu du 18ème siècle, l’architecte Jean-Baptiste Chermane, lorsqu’il conçoit l’hôtel du comte de Groesbeeck, s’attarde à particulièrement accentuer la lumière naturelle. Créant des courettes puits de lumière de part et d’autre de l’entrée, il choisit de faire rentrer la clarté au cœur de l’édifice. Tout vibre dans une harmonieuse et douce ambiance. Les stucs rococo, tout en épaisseur crémeuse, s’animent alors, leur concavité et leur convexité végétale s’accentuant d’ombre et de lumière. A l’entrée de l’escalier d’apparat, une suspension ajourée d’Isabelle de Borchgrave, à la blancheur éclatante, rappelle celle des parois et y projette des motifs feuillus, prolongeant ainsi la dématérialisation de l’espace par les stucs.



Au centre du vestibule, trône une allégorie de la Charité signée F. Roucourt en 1794, dernière acquisition de la Ville pour son musée. Sculpteur lorrain, Roucourt est essentiellement actif dans nos régions au 18ème siècle. Spécialisé dans les sculptures de jardin en terre cuite, il travaille pour de nombreux clients célèbres tel que le Prince-Évêque de Liège. Sa Charité est un remarquable exemple de la sculpture du 18ème siècle, d’un style baroque dédramatisé. Elle tourne sur elle-même, dans une composition en spirale, entourée d’une nuée de putti (bambins nus), à qui elle donne le sein. Souvent, dès le 16ème siècle dans l’art des jardins, la Charité se confond avec l’Abondance, symbolisant alors le don de la vie comme la Nature distribue ses bienfaits. Un vase Médicis pot à feu (surmonté d’une flamme) en terre cuite répond à la matière et la couleur de la Charité sur le palier du grand escalier.

 

2. L’antichambre : « Dites-le avec les fleurs de Redouté »
 

Professeur de dessin de la reine Marie-Antoinette, de l’impératrice Joséphine de Beauharnais et de la reine Louise-Marie de Belgique, Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) est natif de Saint-Hubert dans les Ardennes belges. Grâce aux collections des Amis de l’Hôtel de Croix , le musée a réuni ici autour du portrait de l’artiste peint par Louis Bertin Parant (1768-1851), quatre de ses fragiles aquarelles (roses, œillet et jonquille, anémone et rose blanche et fleurs d’oranger). Redouté, outre l’admirable esprit botanique, offre une vision gracieuse et délicate de la fleur, si typique du raffinement plaisant du 18ème siècle.


Aux murs, des oiseaux paradisiaques folâtrent entre des rocailles et des rameaux fleuris peints sur fond de cuirs dorés et poinçonnés. D’une technique inspirée dans nos régions, aux 17ème et 18ème siècles, des cuirs espagnols de Cordoue, ce revêtement fut placé dans le musée dans les années 1950. A son éclat, répondent dans les angles, une horloge-cartel parisienne rococo tout en rocailles fleuries et sensualité du corps féminin et un miroir vénitien baroque aux boiseries touffues et au verres peints de graciles rinceaux. Chacun exprime la vision bien différente de l’utilisation du motif végétal ou floral : symétrique et dompté pour le Baroque, foisonnant et libre pour la Rococo. Une chaise de style rocaille et un fauteuil de style Louis XVI témoignent eux-aussi, dans le décor de leurs boiseries, de l’amour de l’ornement floral.

En face, une horloge de parquet marquetée est étrangement surmontée d’un panier fleuri et doré, gage d’une passion amoureuse annonçant la suite de la visite?

3. Le salon d’apparat : «  Comme un grand vent de fleurs »
 

Tel que pour une salle de bal, le mobilier régence et rocaille du grand salon compose une symphonie de détails fleuris et végétaux pour mieux mettre en valeur une collection de vases remarquables des 18e et 19e siècles : grand vase néoclassique de Jacques Richardot (1743-1806) à la fin du 18ème siècle, vases urnes de style Empire du début du 19ème siècle aux formes inspirées de l’Antiquité greco-romaine, vases multicolores à corolles découpées et au corps orné de fleurs et de boutons, si typiques du goût pompeux et théâtral de l’époque Second Empire (fin 19ème siècle). Aux murs, des œuvres peintes témoignent de l’évolution de la vision de la fleur du 17ème au 19ème siècle. Décorative dans le vestige d’un couvercle de clavecin du 17ème siècle où elle couronne la Charité/Abondance, elle s’affirme comme sujet dans un petit tableau fin du 17ème du Namurois Jean de la Bouverie II. Ici, la vision fanée et déclinante du bouquet se fait encore moralisante et chrétienne : notre vie n’est qu’une étape, peu importe la richesse, le pouvoir ou la beauté, il faut savoir rester humble et contrit. La tulipe, fleur luxueuse de l'époque, décline tandis qu'un papillon, signe de résurrection, s'envole.  Les fleurs, dont le lys marial et les fleurs divines d'oranger, s’épanouissent encore en guirlande dans une Vierge pastourelle (de pastoral, pâtre, berger, car elle est entourée de moutons) signée Redouté au début de sa carrière. Elles se libèrent ensuite en bouquet dans une belle composition champêtre du 18ème siècle dans laquelle des fleurs sauvages et cultivées se marient, parfois attribuée. Une série de trois grand dessus de porte jamais exposés et signés Jean Robie, célèbre peintre de fleurs bruxellois de la fin du 19ème siècle, nous donne une version d’avantage passionnée et romantique du sujet, si typique de l’esprit festif et démonstratif de cette fin de siècle bourgeois. Le musée remercie leur propriétaire secret, amoureux du musée depuis une certaine aventure de Montmirail...


Au centre, l’artiste Tian Shi a créé une chorégraphie aérienne de fées en papier éclosant de fleurs littéraires. Elles s’envolent, légères, dans la lumière du jour et des deux lustres parisiens et se multiplient, tourbillonnantes, dans le grand miroir de la cheminée, restauré récemment.

 
 

Sur deux commodes aux formes généreuses, l’artiste Laurent Pernot a réalisé l’ultime rêve de ses prédécesseurs, conserver à jamais l’image de la vie florale, avec deux bouquet de roses figées à jamais dans le givre et la glace ! En tuant par le gel ses fleurs en soie dépourvues de vie, il leur insuffle ainsi l’existence qu’elles n’ont jamais eue !
Mutine, une jeune fille en terre cuite, esquisse un pas de danse au son du biniou dont joue, de l’autre côté de la cheminée en marbre du sculpteur Vanden Base, un jeune homme qui animait autrefois un jardin du 18ème siècle. Ils annoncent l’esprit charmeur et coquin de la prochaine salle.

4. Le salon Louis XVI : « Conter fleurette »
 

Ce salon tendu de toiles peintes de style rocaille et fleuries offertes à la Ville, dans lesquelles insectes et oiseaux s’ébattent, abrite un charmant ensemble de fauteuils et canapé de style Louis XVI recouvert de tapisserie de Beauvais, dont les teintes roses et bleu pâle répondent aux boiseries et aux gravures qui décorent la salle. Un bureau du même style et une table à jeu hollandaise marquetée d’ornements floraux complètent l’ensemble. Le thème pastoral qui y est illustré figure l’amour sage et rougissant, l’art gentil de la séduction à l’unisson avec les six gravures exposées. La séduction toujours, s’exprime dans deux turqueries d’après Jeaurat dans lesquelles une courtisane et un sultan s’apprécient. Chose cocasse, c’est à la faveur d’une restauration, que les surpeints qui faisaient de la courtisane une orientale, lui ont rendu sa physionomie occidentale ! Sans doute qu’au 19ème siècle, la complicité d’une européenne et d’un oriental choquait les mœurs bourgeoises… Une jeune fille au sein dégagé, peinte par Lemoine, alanguie dans un boudoir, semble attendre son amoureux à moins qu’elle se remémore un doux moment passé avec lui ? Peut-être que Vénus et l’Amour, œuvre en terre cuite attribuée à Pierre-François Leroy (1739-1812), vont-ils décocher une flèche d’amour transformant le visiteur, lui aussi, en amoureux épris ? Deux petites têtes d’Amours du même auteur namurois complètent l’ensemble.


De délicats et graciles fleurs et rameaux fleuris de haute couture, confectionnés patiemment fil par fil, perle par perle, par la sculpteur textile Laurence Aguerre, fleurissent chacune des assises anciennes ainsi que le miroir de la cheminée, en réponse aux coloris et motifs du décor et du mobilier. A bien chercher, on y reconnaîtra des motifs et des couleurs tout spécialement inspirés des motifs du décor.

5. Le salon rouge : « Avoir les doigts de pied en bouquet de violettes ! »
 

Dans la pénombre discrète, Éros ou l’Amour de Le Roy, acquis fin 2017 par la Ville, s’est endormi. Tout comme lui, sculptées dans le marbre de Carrare, Vénus par Willem Hendrik Van Der Waele et Ariane sur un fauve par Johan Hendrich Dannecker, sensuelles, en profitent pour dévoiler, impudiques, le charme rococo pour l’une, néoclassique pour l’autre, de leurs courbes gracieuses et enivrantes, en écho à l’œuvre numérique « Flower Figures n° 2 » de Jean-Michel Bihorel. Cet artiste, armé de crayons tactiles, transforme à l’aide de programmes complexes des images modèles et compose ses œuvres dans sa réalité virtuelle à l’aide de manettes qu’il manipule dans l’espace ! 


Dans l’intimité de cette alcôve, on n’ose imaginer le suave point d’orgue d’une relation charnelle, lorsqu’à l’image d’un bouquet hérissé de violettes, les doigts de pied se tendent sous l’effet d’un plaisir divin absolu…

6. La salle à manger : « Herbes fines et fleur de sel, toutes belles à croquer. »
 

Au plaisir charnel répondent les plaisirs de la table. C’est dans le décor authentique des toiles peintes florales du 18ème siècle et des dessus de porte courtois, provenant tous de la fabrique Jan Remmers d’Amsterdam, que prend place la salle à manger des comtes de Groesbeeck. Même les chaises restaurées sont celles qui ont reçu leurs nobles séants ! Un fragile et raffiné service à chocolat en porcelaine allemande de Meissen est dressé sur la table. Ses teintes marrons étonnantes rappellent la couleur de cette boisson si prisée au 18ème siècle pour ses vertus aphrodisiaques. Le Big Mech (2013), hamburger métallique de l’artiste Émeric Chantier s’accorde avec lui pour mieux nous questionner sur l’universalité de ce symbole de la mauvaise alimentation qui se passe de couverts et de manières… Sur la cheminée, deux chandeliers accompagnés de couples d’amoureux dans la même porcelaine allemande de Meissen répondent aux groupes d’amoureux des dessus de porte. Aux murs, les œuvres actuelles « Papiers de Provence » de l’artiste Lionel Estève subliment la tradition de l’herbier et recréent un monde de nature vivante et colorée dans une poésie délicate et silencieuse où le regard se perd. 



Une splendide coupe de porcelaine namuroise du 19ème renvoie à un rare et monumental vase en verre d’Herbatte (Namur) tandis que quelques pièces remarquables d’argenterie namuroises précieuses aux délicats détails (collection des Amis de l’hôtel de Croix) s’accordent aux tout aussi délicates œuvres « Can » issues de la série des Consommables (2015) d’Émeric Chantier, ode à la Nature qui reprend ses droits en questionnant sur la perte des repères culturels au profit d’une mondialisation envahissante, polluante et vide d’esthétisme… Deux paires de putti, la Chasse et la Pêche, sculpture de jardin de F. Roucourt animent l’espace. A bien y regarder, l’un d’entre eux, couronné du croissant de Lune de Diane Chasseresse et à la poitrine naissante, est une petite fille, chose assez rare que pour être signalé.

7. Le vestibule : ultime roseraie


Témoins de la persistance des modèles anciens, quatre œuvres peintes des 19ème et 20ème siècles mettent en scènes des roses : un étrange tableau de roses, spirées et myosotis signé Redouté ( ?), de délicates roses d’Ernestine Pancoucke (1784-1860), des roses encore de la peintre namuroise Paule Bisman (1897-1973) et d’autres encore de Gaston Noelanders (1910-1987).

L’exposition évoluera durant les 4 mois en accueillant de nouvelles œuvres anciennes et actuelles et s’étendra « côté jardin » dès le 1er août avec des œuvres de Charlotte Marchal, Ruth Moilliet, Fabienne Christyn, Meshos et une composition florale de Arnaud Delheille. Votre billet d’entrée marqué du cachet du musée vous permettra d’y revenir gratuitement!

dimanche 31 décembre 2017

Rétrospective des activités du musée en 2017

En images et en musique, la récapitulation des multiples activités qui ont animé le Pôle muséal des Bateliers Namur et son Musée des Arts décoratifs tout au long de 2017! 
Merci à tous nos visiteurs!



samedi 15 avril 2017

Bienvenue sur le blog du Musée des Arts décoratifs de Namur

Cette page reprend ci-dessous une description et des photographies du Musée des Arts décoratifs de Namur, une des deux institutions muséales des Bateliers Namur.
A droite de l'écran, vous trouverez toutes les pages d'actualité du musée en un simple clic.

Remise en place du grand lustre restauré 
de la rotonde du musée (novembre 2017)



samedi 4 avril 2015

La renaissance du musée

La ville de Namur et son service du Patrimoine ont commencé en 2013 la restauration de l’hôtel de Grœsbeeck-de Croix. À cette occasion, le service de la Culture a entamé une réforme de fond du musée des arts décoratifs, hébergé par l’édifice.

Pour fêter ses 80 ans en 2016, c'est une véritable refonte muséographique que le musée s’apprête à vivre, l’inscrivant ainsi dans notre siècle et ses obligations, en matière de partage des savoirs avec le plus grand nombre notamment. Il s’agit de valoriser la plus riche collection d’arts décoratifs du XVIIIe siècle accessible au public dans notre pays. Le raffinement de sa présentation, qui faisait la réputation de l’institution, sera accentué en gagnant en cohérence et en élégance. Deux axes orienteront la visite : l’évolution des styles et l’art de vivre des grandes familles. L’ouverture de trois nouvelles salles (alcôve religieuse, salon Empire et salon Napoléon III) permettra au public, à travers les Beaux-Arts, le décor et le mobilier de s'imprégner de manière sensorielle et plus vivante des modes des XVIIe au XIXe siècles.

La stratégie, à travers les peintures et cartes des sièges militaires vécus par les Namurois au XVIIe siècle, invitera à la visite du plan en relief et à celle de la citadelle, également gérés par la ville. Si les sciences, la philosophie, la littérature et les voyages illustreront la vivacité intellectuelle du siècle des Lumières, les Beaux-Arts, la musique et les arts décoratifs témoigneront de la créativité tant des artistes namurois qu’étrangers. L’art de la table, l’hygiène, le divertissement, le jeu, l’intimité, la place de la femme contribueront, eux, à saisir la modernité de cette société.

Un mobilier design et actuel permettra aux visiteurs de goûter aux joies du luxe d’antan en s’exerçant à l’art de l’écriture, à la broderie, aux jeux de société anciens et à la lecture. Il facilitera l’intégration en douceur, au gré d’expositions temporaires entre autres, des arts décoratifs des XXe et XXIe siècles. La sculpture cinétique Le Banc, de Johnny White, récemment acquise par la Ville de Namur, prendra par exemple place dans la cour de service, prochainement couverte d'une haute verrière de style actuel.

Un étiquetage trilingue, des multimédias informatiques multilingues, un guide du visiteur, des carnets pédagogiques en ligne et des animations ludiques complèteront l’offre didactique des visites adaptées aux enfants, aux jeunes et aux adultes. Les goûters d’anniversaire si chers aux bambins, qui décernèrent au musée le Prix du musée préféré des enfants en 2010, bénéficieront d’une vaste nouvelle salle pédagogique, modulable en auditorium de 80 places. L’accès au rez-de-chaussée sera adapté aux personnes à mobilité réduite tandis que des outils accompagneront la visite des malentendants ou malvoyants. La prise en charge des personnes mentalement perturbées est une autre piste d'investigation.

Les scientifiques et les restaurateurs ne seront pas oubliés puisqu’une bibliothèque avec catalogue en ligne, une photothèque ainsi qu’une salle de travail leur seront accessibles. Dans le même ordre d'idées, les collaborations avec les institutions d'enseignement et de formation seront accentuées. L’extension des expositions temporaires à la chapelle des Bateliers, contiguë au musée, permettra des événements communs avec le futur Musée archéologique voisin. Une boutique occupera les anciennes écuries, tandis qu'un restaurant sous verrière est en cours de construction à l'emplacement des serres, disparues, de l'édifice. Enfin, l’exploitation du jardin – qui fête ses 75 ans en 2014 – ainsi que de la cour vitrée latérale et des deux courettes intérieures sera l’occasion de confronter tout en harmonie l’art actuel et le design aux arts anciens.

Les collections


Déposées par plusieurs propriétaires, les collections représentent l’ensemble le plus riche et complet des arts décoratifs du XVIIIe siècle accessible au public en Belgique. Elles peuvent être divisées en deux parties: les productions namuroises et les œuvres étrangères. Parmi les premières, on distingue du mobilier, des œuvres décoratives et des objets utilitaires. Le meuble namurois, architectural et majestueux, s’inspire à la fois de la mode française et d’une tradition encore religieuse. Son décor appliqué témoigne de l’évolution des styles, du Baroque jusqu’au Louis XVI. Des meubles précieux français (cabinets, consoles, tables, commodes, fauteuils et chaises) sont conservés dans les salles du rez-de-chaussée.

Parmi les objets luxueux, une importante collection de cafetières, chocolatières, aiguières et autres sucriers, œuvres des plus talentueux orfèvres namurois, témoignent de la diversité des ustensiles domestiques et du raffinement des habitudes de la table. Un bel échantillonnage de l’art de la coutellerie namuroise des XVIIIe et XIXe siècles complète cette panoplie.

De la même époque, le musée conserve d’exquises pièces de cristallerie. Namur fut en effet le centre verrier le plus important du pays, et les noms prestigieux des verreries Zoude et de Vonêche sont internationalement reconnus. Des coupes, plats, carafes, verres, bonbonnières mais aussi une série remarquable de pendules en cristal taillé et bronze doré ainsi que des lustres étincelants, agrémentent les diverses salles de l’hôtel. Signalons également d’heureux témoins des faïenceries d’Andenne et de Saint-Servais, parmi lesquelles des groupes charmants animés d’enfants et de couples galants attribués au célèbre artiste français Jacques Richardot, qui passa quelque temps à Namur en 1786[6].

Des productions d’autres artistes reconnus enrichissent un peu plus encore les collections du musée, tel un bel ensemble de terres cuites et de marbres du sculpteur Laurent Delvaux, attaché au service du gouverneur autrichien Charles de Lorraine, le moulage d'un buste de Vauban par Coysevox, sculpteur officiel de Louis XIV, une grande esquisse du célèbre peintre ornemaniste italien Giambattista Tiepolo, des tableaux de fleurs de Pierre-Joseph Redouté, professeur de dessin de Marie-Antoinette, ainsi qu’un portrait du roi Soleil attribué à Hyacinthe Rigaud.

Un parcours chronologique, dès l’entrée, familiarise les visiteurs aux grands styles des XVIIe et XVIIIe siècles (du Louis XIII au Louis XVI). Deux nouvelles salles étendent les connaissances aux styles Empire et Napoléon III du XIXe siècle. Au départ d’une nouvelle alcôve consacrée à l’art religieux, la visite se poursuit au gré des thèmes représentatifs du XVIIIe siècle : les sciences, la littérature et la philosophie, la musique, la cuisine et l’art de la table, la beauté, la séduction et l’hygiène, les jeux et le divertissement, la vie publique et la vie privée ainsi que l’orientalisme. Le passé de Namur et notamment les tumultueux épisodes militaires subis par la ville au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles sont également illustrés.

Le décor intérieur et le jardin


Le Musée des arts décoratifs présente un large éventail de techniques de décoration propres au XVIIIe siècle. La surface murale est ornée de boiseries rehaussées de couleurs. Ces lambris encadrent d’idylliques paysages champêtres et boisés, des vues marines, des toiles peintes de fleurs luxuriantes ou d’oiseaux paradisiaques, des tissus de soie brodés de motifs orientaux et des panneaux de rares cuirs gaufrés et dorés.

Les dessus de portes et les trumeaux de cheminées sont agrémentés de peintures représentant des scènes galantes à la manière de Jean-Antoine Watteau, des saynètes mythologiques ou encore de généreux bouquets de fleurs. Les cheminées en marbre du pays sont sculptées de motifs de coquilles et de rocailles. Un cabinet chinois, à l’étage, reflète le goût typique de ce siècle pour la connaissance et le dépaysement tandis qu’une admirable cuisine d’époque est tapissée de carreaux de faïences à la manière de Delft.

Enfin, de magnifiques stucs Rococo ornent les cimaises du vestibule et le dôme de l’étage, à l’intérieur duquel masques, fleurs et rocailles s’enchevêtrent gracieusement et font de ce décor l’un des plus aboutis et des plus beaux de Belgique.

Le jardin

Si la nature est partout présente à l’intérieur de l’édifice, en tant qu’inspiratrice de l’art du XVIIIe siècle, elle trouve toute sa poésie dans le jardin ceint de tilleuls palissés. Quatre parterres d’élégantes broderies de buis entourent une pièce d’eau et créent une perspective symétrique, renforcée par le pavillon élevé au fond du parc, rappelant les principes du jardin à la française chers à André Le Nôtre. Au sein de cette régularité pointe une touche de Romantisme à l’anglaise, grâce à un tulipier de Virginie centenaire dont le feuillage fait vibrer la lumière, insufflant ainsi la vie aux puttis (angelots) qui garnissent le muret séparant le jardin de la cour d’honneur.

Au fil des saisons, quelques touches colorées de vivaces et de roses odorantes rehaussent le jardin de blanc, de rose, d’orange et de rouge profond. 
Le jardin sera prochainement restauré sur base de sa description d'origine (brique pilée entre les buis notamment) et un éclairage soigné le mettra en valeur.